Foire aux questions sur le conditionnement physique avec Trennon Paynter, entraîneur-chef de l’Équipe canadienne de demi-lune

L’après-saison. Photo : Simon D’Artois

 

L’année a été occupée pour l’Équipe canadienne de demi-lune, qui travaillait à sa préparation aux Jeux olympiques d’hiver à PyeongChang. Avec des athlètes de haut niveau en quête de médailles comme Noah Bowman et Rosalind Groenewoud, les nombreux camps d’entraînement, les compétitions, les déplacements et même un voyage de surf en équipe peuvent épuiser le corps et l’esprit si les athlètes et les entraîneurs ne sont pas bien préparés et en symbiose avec leur corps. Nous nous sommes entretenus avec l’entraîneur-chef Trennon Paynter afin de comprendre comment il dirige ses athlètes et les prépare à représenter le Canada à diverses compétitions dans le monde entier.

 

Comment aidez-vous votre équipe à se préparer en vue d’une saison complète de compétition?

Nous avons de multiples camps d’entraînement pendant la saison morte, y compris des camps de conditionnement physique, des camps techniques, des camps de trampoline et même un camp annuel de surf. Les horaires nécessitent un engagement considérable de la part de chaque membre de l’équipe, et je crois que ce genre d’engagement est essentiel si l’on veut devenir le meilleur au monde dans quoi que ce soit. Nous sommes très chanceux d’avoir une équipe de soutien intégré (ÉSI) de classe mondiale associée à notre programme, ainsi qu’un excellent entraîneur en force et en conditionnement physique, des physiothérapeutes et un conseiller en performance mentale.

 

Est-ce que l’attention est axée sur l’entraînement sur trampoline? La souplesse? Le cardio? 

Notre programme de force et de conditionnement physique comprend beaucoup d’exercices d’haltérophilie (p. ex. épaulés et arrachés) parce que c’est une des meilleures façons d’augmenter notre capacité à produire de la puissance (dont nous avons besoin pour les départs rapides) et à recevoir les coups (dont nous avons besoin pour les atterrissages difficiles). Notre programme de correction et de mobilité, chapeauté par les physiothérapeutes, est personnalisé pour chaque athlète. Le programme technique et sur l’acquisition d’habiletés inclut un entraînement visant à renforcer les aptitudes acrobatiques au moyen de trampolines, de rampes d’eau et de coussins d’air, en plus de tout l’entraînement sur neige.

 

Décrivez-nous une journée normale d’entraînement d’avant-saison pour l’un de vos athlètes.

Pendant notre camp de printemps, par exemple, les athlètes vont s’entraîner quelques heures au gym le matin, puis ceux qui présentent des blessures doivent consulter individuellement le physiothérapeute, pour enfin participer à une activité de groupe (p. ex. le tennis, le yoga, le vélo) en après-midi.

 

À quel point donnez-vous des conseils sur l’alimentation à vos athlètes? Quelle incidence celle-ci a-t-elle sur leur santé avant et pendant la saison?

Nous n’avons pas de diététicien ou tout autre spécialiste du genre au sein de notre équipe, mais les athlètes ont tout de même accès à ce genre de connaissances spécialisées grâce à certains de nos partenaires financiers, comme l’Institut canadien du sport Pacifique. Tout le monde mange plutôt sainement, bien que cela soit assez difficile quand nous sommes sur la route et nous retrouvons dans des endroits inhabituels où il n’y a pas de cuisine.

 

Que recommandez-vous à vos athlètes afin de bien récupérer après une compétition? Vu les nombreuses compétitions, trouvez-vous qu’ils doivent souvent faire des compromis?

Comme dans presque tout, cela repose grandement sur leurs efforts de préparation avant la saison. C’est beaucoup plus facile pour eux de rester au sommet de leur forme physique et de récupérer rapidement quand ils sont déjà très en forme et bien préparés en début de saison et qu’ils font leurs exercices d’échauffement comme il faut avant les entraînements. Le cardio-vélo suivi d’étirements est la méthode la plus courante pour récupérer. Alterner des baignades en eau chaude et en eau froide est une autre façon fantastique de récupérer, mais c’est tout un défi logistique si nous n’avons pas accès à un centre ou à un gym qui offre ce genre de services. Parfois, la seule chose à faire consiste à remplir un bac en plastique avec de la neige et de l’eau froide et à se débrouiller du mieux qu’on peut.

 

Quelles sont les douleurs et blessures courantes que vous voyez chez un skieur de demi-lune et de parc à neige que vous voyez rarement chez un autre type d’athlète?

Nous utilisons beaucoup ce que l’on appelle le « contact twist » ou le « torque twist » pour effectuer certaines de nos grosses rotations. C’est un type de mouvement qui est sûrement plus répandu dans le ski en parc à neige et en demi-lune que dans les autres disciplines de ski. Nous faisons aussi beaucoup de ski en « switch » (à l’envers), chose qui demande au corps une certaine torsion. Je suis d’avis que ce genre de mouvement peut causer de la raideur et un déséquilibre dans le cou et le dos, surtout si les exercices de souplesse et de mobilité ne sont pas adéquats.

 

J’imagine que les athlètes étaient bien au fait de tout cela pendant les entraînements en vue des Jeux olympiques. Comment cela a-t-il changé leur programme d’entraînement?

Honnêtement, nous ne changeons pas grand-chose sur le plan de l’entraînement pendant une année olympique. Nous avons dû nous entraîner un peu plus pendant la saison morte cette année comparativement à d’autres années, mais, en général, nous essayons de faire de notre mieux pour que tout le monde soit au sommet de sa forme, peu importe l’année.

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