Stacey Bodnaruk, sans filtre

Article offert par Mountain Life Media

 

 

 

Par : Magee Walker

En cette ère de traitement numérique, de filtres par touche unique et d’utilisation abusive de Photoshop, il est difficile de savoir ce qui est réel. Nous vivons soit dans un monde de mensonges, soit dans un monde fantaisiste, selon notre perception des choses.

« Un paysage comprenant une montagne au sommet enneigé à Whistler avec une jolie vague en avant-plan n’existerait jamais, affirme l’artiste de Whistler Stacey Bodnaruk. On ne pourrait jamais saisir ce moment par une photographie réelle. Le rêve d’un tel paysage, cependant, peut être très réel. »

Stacey saisit ce rêve, une vague de Baja déferlant sous une montagne de Whistler enneigée, dans une œuvre d’art numérique intitulée « Whistler Wave ». Chacune des œuvres de Stacey combine entre trois et sept photographies qui produisent une image fantastique. Les textures se fondent les unes dans les autres, les couleurs sont réinventées et les mondes sont défaits avant d’être reconstruits afin de créer des paysages imaginaires de montagnes, de forêts et d’océan. C’est ce que Stacey appelle de l’ « art-ographie », un terme qu’elle a inventé pour désigner son mélange unique de photographies manipulées numériquement.

« Les photos sont prises, modifiées, puis réunies de façon créative à l’aide d’épaisseurs et de textures, explique-t-elle. Je raconte une histoire en fusionnant des images en une œuvre cohésive. »

L’histoire de Stacey est aussi, d’une certaine façon, un mélange unique de différents instantanés. L’image de fond a été prise à Winnipeg, au Manitoba, où elle a grandi en tant que petite fille de la prairie ayant un penchant pour l’art. Quant aux montagnes, des vacances de ski en famille à Banff à l’âge de 10 ans lui ont fait découvrir le charme des petites villes dans les montagnes, et ce fut le coup de foudre.

Puis, il y a l’océan : fraîchement diplômée en décoration intérieure, Stacey a accepté un poste en design architectural à Vancouver, où elle a vécu une autre histoire d’amour, cette fois avec l’océan. Combinez tous ces instantanés de la vie et vous obtenez la Stacey d’aujourd’hui : une résidente de Whistler à temps plein qui étanche sa soif de l’océan par des voyages réguliers à Tofino.

Bien que des éléments de sa formation officielle en décoration intérieure s’infiltrent dans son art, Stacey est essentiellement une graphiste, conceptrice Web, artiste et photographe autodidacte. Elle a sa propre entreprise de conception Web et de graphisme depuis 1999, ce qui prouve qu’on n’a pas toujours besoin d’un diplôme officiel pour réussir.

Bien entendu, l’art-ographie est un format relativement nouveau et les faibles obstacles à son accès font en sorte que tout amateur possédant un logiciel d’édition de photos, ou même un iPhone, peut appuyer sur quelques boutons et se déclarer artiste numérique. Il peut être difficile, voire impossible, de tracer la ligne entre professionnel et amateur.

« Je crois que l’expérience est un indicateur naturel, déclare Stacey. Elle favorise le souci du détail : l’art est plus exhaustif, et la capacité d’atteindre quelque chose d’attrayant peut être plus efficace. Cela dit, nous vivons dans un monde d’exceptions, et certaines personnes ayant encore peu d’expérience en la matière peuvent se découvrir un talent inné. L’envers de la médaille, c’est que nous vivons dans un monde où les logiciels permettent aux amateurs de s’improviser professionnels, car le public non averti ne peut voir la différence. »

Les œuvres de Stacey, qui sont imprimées sur des matériaux non traditionnels, comme l’aluminium, l’acrylique, le verre et le bois, n’ont assurément rien d’un travail d’amateur. « J’adore les vieilles photos traditionnelles de par leurs imperfections et j’adore les images numériques de par leur perfection, ou leur désir d’atteindre la perfection », indique Stacey.

La perfection… plus d’un résident de la chaîne Côtière aimerait modifier la réalité et déplacer la poudreuse de Whistler Mountain juste à côté d’un point de rupture de vagues à Baja. Le vieil adage se lit ainsi : « la vie imite l’art », alors il y a de l’espoir.

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