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Finie la vie de perdante!

Le monde vient de remarquer : la demi-lune n’a plus de secrets pour Cassie Sharpe

Plus une recrue, encore moins une perdante, Cassie Sharpe, probablement la meilleure skieuse de demi-lune au Canada depuis la défunte Sarah Burke, a fait preuve de créativité, en plus de repousser ses limites, pour se hisser rapidement au sommet du classement en ski acrobatique.

Cette jeune femme de 23 ans, qui a connu une première saison exceptionnelle en 2015, remportant une victoire sur le circuit de la Coupe du monde et une médaille d’argent aux championnats mondiaux à Kreischberg, en Autriche, a attiré l’attention de plusieurs dans le monde du ski acrobatique.

La jeune Cassie et sa famille sont déménagées de Calgary, en Alberta, à Comox, en Colombie-Britannique, où elle a vite trouvé un sentier menant au parc qui lui annonçait une carrière prometteuse en sports d’hiver. Tandis que son père, Don, était bien occupé à remplir ses fonctions en tant que titulaire du nouveau poste de directeur des opérations commerciales de Mount Washington Alpine Resort, Cassie et son frère exploraient la montagne. « Papa venait nous porter à notre leçon, mais nous avions un arrangement avec notre moniteur à Mount Washington, qui nous laissait aller au parc et revenir juste avant la fin de la leçon, dit-elle en riant. Mais, mon père a fini par s’en rendre compte. »

La majeure partie de l’entraînement de Cassie en demi-lune a eu lieu de l’autre côté des Rocheuses, à Calgary, mais elle attribue son amour du ski aux pentes de Mount Washington. « Lorsque je me concentrais davantage sur le slopestyle, j’utilisais bien entendu les rails, mais j’adore essentiellement descendre tout simplement les pentes, en m’amusant. »

Son changement d’orientation vers la demi-lune est survenu de façon organique et par un heureux hasard, comme d’autres moments qui ont propulsé sa carrière.

À une compétition à laquelle elle a participé avec l’équipe de la Colombie-Britannique à Northstar, à Tahoe, au Nevada, en 2012, sa performance s’est avérée bien en deçà des attentes à l’épreuve de slopestyle. Son entraîneur de l’époque, Mike Shaw, lui a suggéré d’essayer la demi-lune. Elle s’est inscrite à l’épreuve du lendemain et l’a remportée!

Shaw a entraîné Cassie au sein de l’équipe Winsport pendant les deux années suivantes, renforçant ses aptitudes en demi-lune, jusqu’à ce qu’une blessure importante l’empêche de continuer. Pendant qu’il entraînait l’équipe de la Colombie-Britannique à une compétition en 2013, Shaw a mal calculé un saut en ski acrobatique et a atterri dans la neige molle, les pieds par-dessus la tête. Une dislocation du cou l’a laissé tétraplégique.

« C’était horrible », a indiqué Sharpe en se rappelant l’expérience traumatisante. Elle a ajouté que l’équipe a fièrement porté, gazouillé et promu le mot-clic #makemikeproud pendant son rétablissement. Ce rétablissement fut presque miraculeux, Shaw marchant 5 kilomètres à une activité de bienfaisance pour la sensibilisation à la moelle épinière à Vancouver, en juillet 2015, en un peu moins de 90 minutes.

Malgré le retrait permanent de son entraîneur, Sharpe s’est rapidement fait une place au sein de l’équipe nationale, ce qui a complètement changé la donne pour elle. Sous l’aile de l’entraîneur-chef Trennon Paynter et de son adjoint Marc MacDonnell, elle a vite appris les ficelles de l’échelon supérieur. « Ce sont des entraîneurs fantastiques. Ils m’ont appris tous les détails techniques, les points précis des manœuvres et le positionnement », a-t-elle indiqué.

Le style d’entraînement créatif de Paynter, qui a créé certains des meilleurs skieurs de demi-lune de cette génération, a eu une incidence immédiate sur la performance de Sharpe. Son enseignement hors des sentiers battus comprend des techniques comme une association avec le Cirque du Soleil donnant l’occasion à quelques membres de l’équipe de ski acrobatique de s’entraîner sur une balançoire russe, une structure qui permet aux athlètes de se propulser haut dans les airs avant de retomber dans l’eau.

Pour sa part, Sharpe compte sur sa manœuvre distinctive, le « cork 9 » gauche. Elle est, jusqu’à ce jour, la seule femme en demi-lune à exécuter cette manœuvre aux compétitions. « Quelques personnes m’ont dit que j’étais probablement la première femme dans ce sport à s’élever aussi haut la tête en bas, a-t-elle affirmé. C’est formidable de pouvoir repousser les limites du sport et de pousser tout le monde autour de moi. »

Mais, sa progression ne fut pas sans difficulté. Sharpe a fait un bond en arrière en avril 2015, se cassant une cheville, mais elle était de retour sur les pentes, avec une concentration renouvelée, à un camp d’avant-saison en septembre en Nouvelle-Zélande. « J’ai dû remettre le pied dans ma botte pour la première fois et retourner sur la neige, a-t-elle déclaré. J’avais certainement un gros blocage mental. Mais, avec un peu de positivisme et d’amour, tout est possible. » Depuis, sa progression a été constante et elle s’est, entre autres, méritée une deuxième place à la compétition d’ouverture du Dew Tour, à Breckenridge, en décembre.

« L’année avant que je me taille une place au sein de l’équipe, on comptait deux groupes : les favoris et les perdants. Je faisais partie de ce dernier. Puis, l’année dernière, ce fut un nouveau départ pour moi, et j’ai commencé à côtoyer les favoris, s’est exclamée Sharpe en riant. Ce fut une grande étape pour moi… C’est comme faire partie de l’industrie, plutôt que de la regarder de l’extérieur. »

Maintenant qu’elle a l’expérience des grosses compétitions, Sharpe est motivée à améliorer ses habiletés et sa force, en plus de peaufiner sa position inverse, et à repousser ses limites en demi-lune. « Et j’ai quelques autres tours dans mon sac », a-t-elle ajouté.