De plus en plus de gens font leur propre planche. S’agit-il d’une passade ou de l’avenir?

Par Feet Banks

 

Voici le genre de moments qui ont défini l’histoire humaine jusqu’à maintenant : un rêveur a une folle idée, tout le monde le traite de fou, alors il dit « Oubliez ça, je le ferai moi-même ».

Puis, il le fait. Si l’idée fonctionne, ce rêveur devient un « visionnaire », et nos vies en sont toutes meilleures.

C’était une question de temps avant que cela n’arrive au sein de l’industrie du ski et du surf des neiges, et la dernière décennie a connu une augmentation énorme de marques de skis personnalisés, de tutoriels sur la fabrication de skis et de planches à neige et même de programmes de formation dans les écoles de métiers qui visent à enseigner cet art.

Pour Johnny « Foon » Chilton, résident de Pemberton, en Colombie-Britannique, cette idée de faire les choses lui-même lui est venue à l’hiver 2008. « Il n’y a pas eu de moment révélateur, explique Foon, une légende dans le ski de haute montagne au Canada et planchiste professionnel dans les grosses montagnes. Cette idée est simplement née de la frustration d’être un professionnel respecté et de ne pas arriver à trouver quiconque qui puisse me fabriquer des skis mieux adaptés à ce que je fais et le style de ski que nous pratiquons ici dans la chaîne Côtière. »

Foon, chauffeur de dameuse de métier qui a aussi suivi une formation en ébénisterie, a visualisé un ski léger à la fois robuste et stable. Et il voulait fabriquer à la main un ski avec une âme faite de bois provenant des montagnes où il avait l’intention de skier.

« Les facteurs non tangibles, ajoute Foon. J’ai toujours cru que la passion pouvait se transposer en produit. Et d’utiliser un bois local, cet aspect non tangible de skier sur du bois cultivé ici et qui représente une fibre vivante du terrain sur lequel nous pratiquons notre sport, est une de ces choses qui, à mon avis, comptent beaucoup. »

Donc, équipé de ses anciens outils d’ébéniste, Foon a fabriqué ses premiers skis à la maison en 2009. Leur efficacité étant moyenne, il en a fabriqué une autre paire, puis une autre. « Après la sixième paire, des gens demandaient à m’en acheter, mais je ne voulais initialement que fabriquer les skis qui représenteraient le summum pour moi.