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Détour : Un arrêt poudreux à Revelstoke Mountain Resort

PAR : Lori Knowles

 

Comme les choses changent en un jour! Je m’en rends compte pendant que nous traversons le col Rogers. Laissant derrière nous le confort du Fairmont Banff Springs et le soleil plombant sur Lake Louise, nous prenons l’autoroute 1 (la Transcanadienne), en direction ouest, vers la station Revelstoke ensevelie de neige.

« Le soleil ne se pointe jamais , nous indique un résident expérimenté de Golden sirotant son deuxième café dans un McDonald’s en bord de route. Je vis dans cette région depuis 50 ans. Je suis déménagé ici de Thunder Bay, en Ontario. » Il nous regarde par-dessus le rebord de sa tasse en papier. « Vous connaissez Thunder Bay? » Nous faisons tous signe que oui de la tête. « Bon, c’est pour cette raison que j’habite à Golden, poursuit-il. Revelstoke reste ennuagé tout l’hiver. »

Je vois ce qu’il veut dire. Notre ascension du col Rogers est sombre et parsemée de pluie, de glace, de liquide d’essuie-glace baissant à vue d’œil; un camion chargé de bois se renverse, laissant des planches de cèdre éparpillées çà et là sur la chaussée. Nous nous frayons un chemin peu après l’incident, au moment même où on installe des signaux lumineux sur la route pour aviser les automobilistes qui s’approchent. Nous dérapons vers l’arrière du col Rogers et glissons dans Revy. En effet, il y a un nuage, lourd et plein de neige, suspendu au-dessus de la montagne et de la vallée.

Nous entrons dans The Sutton Place Hotel (en anglais seulement), un hôtel de luxe, peut-être le seul hôtel luxueux de Revelstoke, au pied de Revelstoke Mountain Resort (en anglais seulement). On y trouve un foyer de la taille d’une Volkswagen au centre du vestibule, mais ce n’est pas ce qui retient immédiatement mon attention. Ce sont plutôt les hommes. Des douzaines d’hommes, partout dans le vestibule. Certains sont âgés d’environ 25 ans, avec des barbes, des pantalons de ski au fond de culotte bas et des autocollants sur leur casque. Alors que d’autres doivent avoir près de 50 ans, du succès à revendre et de l’argent plein les poches, et sont vêtus d’habits de ski noirs et rouges de marque Spyder et Halti, avec une caméra perchée sur leur front.

Mais où sont les femmes?

Buanderie et devoirs

Notre chambre à Sutton Place est parfaite. Vraiment, pour une famille sur la route pendant six semaines, cette chambre est géniale. Elle compte deux chambres à coucher, deux salles de bains complètes, une cuisine et le summum, une laveuse et une sécheuse. Oh mon dieu! Nous avons une laveuse! La première chose que nous faisons, c’est de laver nos sous-vêtements.

La deuxième, c’est de faire nos devoirs. La table de la salle à manger est pleine à craquer : manuels de mathématiques et de géographie, cahiers de notes Hilroy à reliure spirale, crayons, aiguisoirs et gommes à effacer. Les enfants ne sont pas très enthousiastes à l’idée de faire de la géométrie dans la région probablement la plus enneigée du Canada, mais nous persévérons. Ils se plaignent et, à un certain moment, quelques larmes coulent même. « Oui, notre vie est très dure », leur dis-je.

Le ski à Revelstoke

Le lendemain matin, un autre nuage couvre le ciel. Un autre très grand et lourd nuage laissant échapper de gros flocons de neige épais et splendides à la « Revy ». Nous rencontrons une guide du nom de Julie et décidons de l’adopter peu de temps après. Nous aimons vraiment Julie. Elle est sympathique et allumée, et en sait beaucoup sur Revelstoke. De plus, elle est douée avec ma fille Gracie, qui est confrontée pour la toute première fois à de la poudreuse et à un terrain parsemé de bosses et de pentes abruptes, du genre qui exige une randonnée.

« Tu veux te joindre à nous pour le reste du voyage Julie? », je lui demande.

Je lui demande aussi où sont toutes les femmes…

Revelstoke est reconnu comme centre de ski hors piste. On peut y pratiquer le « cat ski » ou l’héliski, ou encore prendre le remonte-pente, tout cela du pied de la montagne. Même lorsque vous optez pour le remonte-pente et que vous descendez une piste balisée, vous vous sentez comme dans l’arrière-pays. C’est une destination de rêve pour les aventuriers et, je suppose que les hommes se considèrent plus souvent comme des aventuriers que les femmes. Les femmes que j’aperçois peuvent vraiment skier. J’adore ça! « Regarde!, dis-je à ma fille Gracie de 9 ans. Tu as vu comment cette femme s’élance dans les bosses? Je vais essayer de faire comme elle. Incroyable! »

Mon fils adore plus particulièrement Revy. Je me dis que c’est exactement sa tasse de thé. Il y a du sous-bois partout. Un parc à neige naturel. De plus, on y trouve des tonnes et des tonnes et des tonnes de poudreuse, au point où elle enterre les petits édifices en bord de piste; Emmett ski littéralement sur le toit d’un d’eux. Julie nous assure qu’il y a des pistes damées quelque part. Nous ne réussissons pas à en trouver… mais peu importe. On ne va pas à Revelstoke pour de la neige ondulée, mais pour de la poudreuse moelleuse comme un oreiller.

Nos skis Head épais et des plus maniables, soit Great Joys pour moi, Monsters pour Peter et Ethan Toos pour les enfants, ont la chance de nous montrer ce qu’ils peuvent faire. « Je peux flotter! », me lance Emmett, dérivant sur une poche de neige et contournant un arbre.

Réflexion : Revy est vraiment un endroit divertissant. Pour les aventuriers, hommes comme femmes. Les filles de Toronto, de Vancouver et de Montréal n’ont tout simplement pas encore découvert l’endroit. Ou si elles l’ont fait, je ne les vois pas. J’ai une idée : Je vais revenir à Revelstoke Mountain Resort avec mes amies, soit ma sœur, mes belles-sœurs, mes compagnes de ski talentueuses Holly et Lisa, leurs filles et ma fille. Nous allons monter à bord de véhicules tout terrain, d’hélicoptères et de remonte-pentes enneigés et montrer à ces hommes aux habits Spyder comment faire. Nous installerons même des caméras sur nos casque, même si je suis orgueilleuse et que je prête trop d’attention à ce que je porte, et que je suis stressée de coller une caméra sur mon front. Franchement les gars, les caméras vous donnent une allure d’abruti.

 

Prochain arrêt : Une pause en ville, à Vancouver, suivie d’un arrêt à Whistler et d’un séjour tranquille au Four Seasons. Ensuite, nous louerons un véhicule récréatif pour nous rendre à Sun Valley. Au secours!